Cinéma,  Netflix

The Highwaymen, de John Lee Hancock

Bonnie Parker et Clyde Barrow ont été abattu.e.s dans leur voiture le 23 mai 1934 après une longue traque à travers plusieurs états. Une embuscade leur a été tendue sur une petite route de campagne de Louisiane par un groupe de policiers menés par les Texas Rangers Frank Hamer et Maney Gault. Bonnie avait 23 ans, Clyde 25. Plusieurs milliers de personnes ont assisté à leurs funérailles, comme pour des rockstars. Certes, le couple et ses acolytes s’attaquaient aux symboles de la richesse, mais ont assassiné une dizaine de personnes (et pas que des flics). Comment ça peut s’expliquer ? La Grande Dépression a anéanti les banques, augmenté le chômage et provoqué la ruine. Bonnie et Clyde, enfants de foyers modestes, rêvaient d’autres horizons.

Clyde Barrow (1909-1934) et Bonnie Parker (1910-1934)

Le film

John Lee Hancock en a fait un film pour Netflix, The Highwaymen. Il est centré sur Hamer (Kevin Costner) et Gault (Woody Harrelson), les Texas Rangers qui ont stoppé la cavale de Bonnie et Clyde. Alors qu’ils étaient à la retraite, ils sont recrutés par Ma Ferguson (Kathy Bates), première gouverneuse du Texas qui exerçait alors son second mandat. La dichotomie est tout de suite posée entre les deux retraités à la fois désabusés, dépassés et admiratifs des nouvelles technologies (exemples : communiquer par radio depuis une voiture, les premières lignes téléphoniques mises sur écoute) et la jeunesse incarnée par, à la fois les agents du FBI, mais aussi par Bonnie et Clyde. On ne voit jamais ces deux derniers. Enfin si, mais par petites touches, comme les fantômes qu’il.elle.s s’apprêtent à devenir. Une paire de jambes boiteuses par ci, un fusil à canon scié par là, quasiment jamais de visage et on n’entend pas le son de leur voix.

Au début, on a forcément peur d’un manichéisme un peu pénible à l’américaine mais finalement non, on essaie de comprendre pourquoi Bonnie et Clyde sont les Robin des Bois de toute une population, ce qui outrepasse les limites de Hamer. C’est ce qui les rend insaisissables. Là où le film est bien documenté, c’est que même si la réalisation se place du côté de la loi, ça ne rend pas tous les personnages moins humains et la réalité est prise en compte : Bonnie et Clyde sont les héroïne et héros de l’opinion publique, mais il.elle.s sont des assassins de sang froid sur fond de toxicomanie.
J’ai donc bien aimé le réalisme du film et l’absence totale de surenchère. C’est une chasse à l’homme aussi fine et élégante qu’une telle traque peut laisser supposer. Il y a une belle photographie et un décor qui retranscrit magnifiquement les années 1930. On dirait un peu un western moderne.

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