Solarfast : échec et plantade

Il existe un produit qui m’a vendu quelques promesses et qui, une fois utilisé, a fait l’effet d’un pétard mouillé. Je ne m’en suis servi que deux fois et je ne sais pas si j’ai loupé un épisode mais, rha, quelle plaie… Il s’agit du Solarfast de chez Jacquard. L’expérience remonte à quelques semaines mais j’ai des sueurs froides rien que d’y repenser…

J’explique. Tout d’abord, Jacquard est une marque américaine de matériel d’art et c’est probablement la plus utilisée pour le cyanotype. Les bouteilles de solution photosensible sont pré-dosées et assez grandes, les produits sont de bonne qualité et quand on n’a pas envie de se prendre la tête en droguerie à faire sa propre tambouille, c’est idéal.

Chez Jacquard, on a pondu le Solarfast qui permet de simplifier le cyanotype (si j’ose dire…) et d’utiliser le procédé d’une manière un peu différente. Le mélange est tout fait, il est teinté et réagit également aux ultraviolets afin de révéler une photographie ou un phototype. J’ai lu que le Solarfast pouvait être utilisé en sérigraphie (ce dont je ne parlerai pas parce que je n’en ai jamais fait) mais qu’il peut aussi servir à imprimer ce qu’on veut sur du tissu ou du papier, bien que ce soit le tissu qui soit le plus mis en avant. Au moment de la révélation, le support doit être rincé à l’eau claire mais aussi lavé avec le Solarfast wash, qui s’achète à part.

Je me suis intéressée aux différentes teintes proposées : jaune, orange, rouge, rose, violet, bleu, vert, sépia, marron et noir. J’avais soudainement très envie de faire des cyanotypes noirs, ce qui n’est pas possible quand on choisit la voie classique, même en essayant tous les virages du monde (quels que soient les thés ou cafés utilisés, y compris avec un lavage au bicarbonate de soude). J’ai trouvé les autres couleurs très agressives et loin d’être naturelles, défauts qui ne transparaissent pas avec le bleu du cyanotype à mon sens. Bien sûr, ceci est purement subjectif.

Je suis allée dans mon magasin de loisirs créatifs préféré et j’ai acheté une bouteille de Solarfast noir (16,50 €) et une autre de Solarfast wash (10,50 €). J’ai fait mes tests sur du papier pour aquarelle 300 g/m² 140 lb 100 % cellulose avec deux négatifs qui m’ont déjà servi à développer des cyanotypes. Voyez-vous, je ne suis peut-être pas une grande optimiste dans la vie mais, tout de même, je ne m’attendais pas à ce que mes premiers résultats soient aussi flingués. Jugez par vous-mêmes :

À gauche, le résultat final au Solarfast noir et à droite, un cyanotype classique avec le même négatif. Tout me dépasse, c’est fou. L’épreuve n’est pas noire, mais alors pas du tout, et alors les traces de pinceau, en veux-tu en voilà… De plus, même si le papier utilisé n’est pas de la meilleure qualité qui soit (vu la gueule du truc, j’ai bien fait de ne pas utiliser des feuilles à 1 € pièce), il ne mérite pas de se retrouver aussi malmené. J’ai regardé un certain nombre de tests sur YouTube avant de faire les miens et personne ne choisit jamais le noir, j’aurais peut-être dû me méfier. Mais j’ai vu de très jolis résultats rose, orange et sépia, même sur papier ! J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas pourquoi j’ai sorti des épreuves aussi vilaines. Faut-il que je fasse un nouveau test sur du tissu ? Sauf que ça ne m’intéresse pas… Faut-il que je choisisse une autre couleur ? Pourquoi faire ? Je voulais du noir !

Jacquard propose aussi du papier transparent pour faire ses propres négatifs mais j’achète le mien ailleurs, je ne crois pas qu’il faille tous les produits d’une même marque pour un résultat optimal. La seule logique pourrait venir du papier mais si un cyanotype peut être très bien réalisé sur le même support, je ne vois pas pourquoi une épreuve soumise au Solarfast ne pourrait pas l’être à son tour. Je suis donc très déçue par cette expérience qui n’a apporté que tristesse et désolation… Je voulais vraiment un résultat aussi noir que mon âme.

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