Simone et Raoul

Depuis que j’ai poussé les portes de la radio associative où je suis bénévole, j’ai entendu une réflexion sur la synergie qui s’opère entre Chloé et moi. Elle ne part pas d’une mauvaise intention mais a eu le mérite de m’interpeller. Je ne lui donne pas raison mais me sentant parfois influençable, je me suis demandé pourquoi des gens pouvaient avoir une telle image de notre duo et, surtout, pourquoi ils restaient convaincus de leur idée malgré l’éclairage que je leur fournissais.

Chloé et moi animons toutes les deux une émission de radio qui demande du travail. Il y a du contenu à préparer en amont : actualités, sujets divers et variés, musique et interviews, c’est une veille quotidienne. Pendant la diffusion de l’émission, il faut pouvoir pousser les boutons parce que nous sommes notre propre régie. Il y a aussi l’animation des réseaux sociaux et les interviews ne se font pas toutes seules, il faut démarcher les autorités compétentes, préparer des questions pas trop stupides et faire du montage audio. Dans tous ces exercices, Chloé et moi sommes parfaitement complémentaires et les choses se font naturellement. Nous n’avons pas la même personnalité : Chloé est avenante, extravertie, elle a un culot qui est parfois nécessaire dans ce milieu et si elle a manqué de temps pour préparer une interview, elle est capable de trouver un sujet de discussion au débotté, de rebondir parfaitement sur une réponse et de reformuler immédiatement si besoin. Quant à moi, je suis plus en retrait car, sans être spécialement timide, je suis l’introvertie de la bande. J’ai besoin de passer un certain temps sur la préparation d’un sujet parce que je suis incapable d’improviser. Je ne dis pas que l’inverse est vrai pour Chloé mais en ce qui me concerne, je déteste me faire remarquer, c’est aussi pour ça que je trouve mon compte à la radio : être entendue sans être vue (un peu comme sur ce blog). Peut-être que Chloé a besoin de plus, c’est pour ça qu’elle excelle dans la présentation d’événements parallèles ou bien au théâtre. Elle sait y faire avec les relations publiques, moi ce n’est pas mon truc. Il n’y a jamais eu aucun malaise entre nous, jamais aucun problème. La communication est optimale. Je souhaite notre symbiose à tous les groupes de travail.

On pense parfois que je n’ai pas ma place, que je suis bouffée. Eh bien non, l’harmonie est totale. J’aimerais qu’on me croie, j’adore bosser avec Chloé.

Minuit en concert au Fuzz’Yon le 12 avril 2019. Photo personnelle.

Justement, à propos d’interview…

J’ai interviewé Simone Ringer, chanteuse du groupe Minuit, toute seule. Chloé a déjà réalisé plusieurs entretiens sans moi mais pour moi, c’était la première fois. Je l’ai fait parce que cette rencontre-là me tenait à cœur mais en réalité, ma voix intérieure me hurlait de ne surtout pas y aller. C’est mon côté anxieux. J’ai donc travaillé pendant des heures : écouter et réécouter l’album (Vertigo, 2018) et l’EP (éponyme, 2015) de Minuit, lire plusieurs interviews, rédiger et écrire mes propres questions afin d’être pertinente et ne surtout pas passer pour une imbécile. J’ai embarqué mon support moral sous le bras et parfois, une simple présence suffit à calmer les nerfs. L’interview s’est très bien passée (évidemment !) et la discussion avec Simone Ringer était passionnante. J’ai eu face à moi une jeune femme drôle et pleine d’assurance, extrêmement sympathique. Un sourire qui transmet sa joie de vivre, elle m’a dit qu’elle était bien dans sa peau et ça fait un bien fou à entendre. Elle rayonnait ! C’est incroyable comme elle ressemble à sa mère, la fabuleuse Catherine Ringer : sa voix, son visage, sa gestuelle. Il en va de même pour Raoul Chichin, son petit frère et guitariste du groupe qui, lui, m’a fait énormément penser à son père, Fred Chichin. J’ai trouvé les enfants aussi charismatiques que leurs parents.

Et musicalement ?

Et pourtant, les disques de Minuit ne m’ont pas fait forte impression *. Si j’apprécie beaucoup le revival des années 1980 à la sauce funk-disco-rock, j’attendais bien plus du live. Je n’ai pas été déçue, j’ai reçu une grosse patate en pleine tête. Entre leurs morceaux, ils ont intégré un riff de Pink Floyd et des reprises des Bee Gees, de Donna Summer et Gloria Estefan, j’ai d’ailleurs préféré leur version de Dr Beat à l’originale. J’ai roulé du cul et des épaules, chose suffisamment rare pour être signalée.

Le concert a eu droit à une introduction, c’est un détail qui me plaît beaucoup. La salle toute noire, le gros néon « Minuit » qui s’allume et la musique et le chant qui arrivent progressivement, ça fait monter ma tension.

Enfin, si Minuit est composé de quatre membres (Joseph Delmas et Klem Aubert pour les deux autres), et s’il y a finalement six personnes sur scène, le duo Simone et Raoul est particulièrement fascinant. J’ai adoré les regards de l’un.e à l’autre et leur complicité évidente.

Minuit en concert au Fuzz’Yon le 12 avril 2019. Photo personnelle.

Bilan des courses

Une chose est sûre, je garderai un excellent souvenir de cette journée. J’ai réussi à m’en sortir à peu près dans un exercice qui me terrifie, face à une femme que j’aime beaucoup. Je ne sais pas si je suis prête à recommencer une interview seule de sitôt parce que c’est épuisant !

Et pour écouter cette fameuse interview, il suffit de vous rendre par ici.

* mise à jour novembre 2020 : j’ai complètement changé d’avis sur l’album Vertigo. Après plusieurs réécoutes, je l’adore, je le trouve fabuleux !

En-tête : Minuit par Inès Chtouki (Instagram)

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