Processus créatif who ?

Chaque fois que je lis un nouveau billet sur La Lune Mauve, le blog alternatif et créatif de Marie, j’ai envie d’opérer une révolution sur mon propre processus créatif.

Mais d’abord, associer mon nom à l’adjectif « créatif·ve » me semble insensé. C’est peut-être encore une victoire du syndrome de l’impostrice. Ou alors c’est parce que j’ai toujours voulu être une créative mais je n’y arrive pas (ou plus). Je refuse l’idée d’être flemmarde au point de ne rien faire de mes dix doigts. Si je l’étais vraiment, je ne crois pas que mon cerveau serait traversé d’idées dix fois par jour.

Je dois être un peu timide dans le fond. Une timidité qui ne se révèle que lorsque je veux m’exprimer de façon créative et mêlée à une anxiété qui prend beaucoup trop de place.

Je cherche toujours à savoir qui je suis, c’est un parcours brumeux dont je ne vois pas la fin. Tout ce que je fais est grossier, inutile et nul. Je pourrais blâmer les autres pour ça mais à quoi ça servirait ? On me traiterait encore d’affabulatrice. Et puis, ce qui compte vraiment, c’est d’arriver à être soi et d’arrêter de regarder par-dessus sa propre épaule.

On m’a souvent répété que je m’entourais de barrières invisibles mais le sont-elles vraiment ? Il y a aussi toutes celles et tous ceux qui font mieux que soi. Comment rivaliser ?

J’ai peut-être aussi trop pris l’habitude de raser les murs.

Est-ce qu’il faut se forcer ? Se faire un peu violence ? Parce que moi, si je ne me force à rien, je ne fais rien. J’ai des peurs existentielles, comme celle de mourir, ou déjà de vieillir, sans n’avoir jamais rien fait de ce que je voulais alors que j’en avais les moyens. Alors quand je commence à trop gamberger, je mets mon cerveau sur OFF et je joue à Stardew Valley sur Switch (pendant des heures).

2 Comments

  1. Adel Belajh al-Sale

    Chacun.e se demande « qui suis-je ? » et on n’est jamais certain.e d’être arrivé.e au bout. Même les personnes dans des métiers en vue sont en crise existentielle. Il y a aussi les fantômes familiaux : cet.te aïeul.e qu’on n’est pas parvenu.e à égaler, etc. Ne pas parvenir à faire le deuil de cet appel, de cette injonction. Les masques qu’on nous tend, aussi : tel.le prof extraordinaire nous a promis tel fabuleux destin ? Ne pas y satisfaire, quelle plaie ! Puis un jour on comprend que ce sont de faux dieux. Et que chacun.e est exactement à la place où il/elle doit être. Et que tout ce qu’il faut maintenant, c’est pousser la logique plus à fond. (c’est mon ressenti en tout cas)

  2. Sarah

    j’ai l’impression de lire ce que je pense chaque jour de ma vie, l’imposture, la peur, l’ennui parfois et cette sensation de ne toujours pas savoir pourquoi je suis là! Alors je sais pas si ça va te faire plaisir, mais en vrai vieillir ça aide! Merci pour tes mots!

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