KT Tunstall en concert à Londres

J’ai toujours adoré la musique et je suis d’une génération où on s’y intéressait en achetant des disques, c’est désormais une pratique tombée en désuétude. Il reste encore des irréductibles, comme moi, qui aiment posséder l’objet, bien que j’achète désormais exclusivement des vinyles (je ne me débarrasserai pas de mes CD pour autant). La plus grande frustration de mon adolescence a été de ne pas pouvoir me déplacer aux concerts qui me faisaient rêver. Je vivais à la campagne sans un rond et mes parents ne se sentaient pas spécialement concerné·e·s.

En témoigne A Reality Tour de David Bowie il y a une petite quinzaine d’années, il a joué à Bercy en octobre 2003. Je l’écoutais beaucoup et depuis peu de temps, le voir en concert à ce moment-là était douloureux de l’envisager. J’avais pourtant 17 ans, j’étais une grande fille, mais mes moyens étaient limités. David Bowie n’a jamais refait de tournée, aujourd’hui il est mort (enfin ça, c’est ce qu’on dit) et moi je l’ai dans l’os. J’ai malgré tout eu ma petite vengeance sur la vie puisque j’ai consacré un certain temps à rattraper mon retard peu après la majorité : petites et grandes salles, parisiennes ou non, quelques stades, des festivals, des groupes énormes et des plus confidentiels, et j’ai réussi à voir des artistes qui sont morts quelques années après (prends ça, Bowie). Maintenant que j’ai 30 ans (+ 2.5), je me suis calmée. Je ne vais plus à Paris et je déteste profondément les stades, ça me fatigue. Je préfère les salles à taille humaine (et qué s’appelerio vieillir).

Non seulement je n’ai plus aucun frein pour aller voir un concert (enfin si : la thune, ça ne change pas), mais en plus, je me paie le luxe d’aller voir des artistes plusieurs fois. Un exemple au hasard, KT Tunstall, que j’ai vue trois fois à Paris il y a quelques années (la dernière remonte à 2011). Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert au pied du dernier sapin de Noël une place pour remettre ça… à la Roundhouse de Londres. C’était le 25 mars.

KT Tunstall , Roundhouse de Londres, 25 mars 2019. Photo personnelle.

London calling

L’Angleterre est le pays étranger où je suis le plus allée et jamais par hasard. D’abord en voyage scolaire, puis pour rendre visite à ma belle-mère qui y résidait alors, ensuite c’est un couple d’ami.e.s qui s’y est installé et, enfin, j’ai passé 3 jours à Londres dans le but bien précis d’aller voir KT Tunstall en concert. Ça fait un séjour tous les 4 ans en moyenne. J’adore l’Angleterre, j’adore Londres !

La Roundhouse se situe à Chalk Farm, juste à côté de Camden Town. C’est littéralement une rotonde construite au milieu du XIXe siècle qui a servi de dépôt de locomotives avant d’être rapidement abandonnée. Classé monument historique en 1954, le lieu a retrouvé une jeunesse dix ans plus tard quand il a été transformé en salle de spectacle. Elle compte 3.300 places debout et 1.700 assises, elle remplit donc mon cahier des charges et elle est absolument superbe.

On s’y est rendu à pied parce qu’on logeait à Camden, on est arrivé.e à une heure décente — ni trop tôt, ni trop tard — et on s’est retrouvé.e tout devant, la perfection. J’étais pile au milieu, face au micro de KT Tunstall pour n’admirer qu’elle. Non, c’est faux, elle était accompagnée de quatre musiciennes, un groupe entièrement composé de femmes, je ne savais plus où poser mes yeux, c’était incroyable. Rien que pour ça, s’il y a bien une tournée de KT Tunstall à ne pas manquer, c’est celle-ci.

Laurel et Gorran en premières parties

Il y a eu deux premières parties. J’adore la musique mais je vous avoue que si je me déplace en ayant enclenché le mode fan absolue, je suis pressée d’en découdre. On a d’abord subi, enfin écouté, le chanteur Gorran. Une certaine idée de l’enfer. C’est un jeune garçon sûrement très gentil et talentueux mais l’entendre geindre une demi-heure sur des amours perdues a failli me faire perdre patience. Peut-être n’étais-je pas dans mon état normal mais tout de même, j’ai un seuil de tolérance assez faible.
Ensuite est arrivée Laurel. J’ai d’abord eu du mal à me réjouir parce que je l’avais déjà vue lors du festival R. Pop il y a deux ans, elle était seule sur scène avec sa guitare et je m’étais ennuyée. Maintenant que je l’ai vue jouer avec son groupe et un set électrique qui m’a semblé bien plus déterminé, je suis convaincue. C’est aussi ça le London calling.

Laurel, Roundhouse de Londres, 25 mars 2019. Photo personnelle.

Une déesse apparut

Et puis KT Tunstall est arrivée pour tout défoncer. « Are you ready to kick Monday up the arse ? » nous a-t-elle demandé (oui parce qu’on était lundi et que c’est un jour qui mérite de se faire botter le cul). Il y avait tellement de paillettes et de lamé sur scène, j’étais extatique. A côté de ce que j’avais devant les yeux, les Spice Girls de mes 11 ans étaient bien fades. L’album WAX est bien plus rock que ce que KT Tunstall fait d’habitude et si elle a toujours eu une bien belle collection de guitares et d’effets, il fallait s’attendre ici à se prendre un mur de son en pleine face. C’est ce que je voulais vraiment et je n’ai pas été déçue, même pas par sa Supro rouge.(chacun ses goûts). Elle a joué toutes mes chansons préférées, y compris quelques anciennes, et nos esprits ont communié ensemble sur The Night That Bowie Died. Quelques minutes avant, ou bien était-ce après, elle faisait servir des shots de whisky aux premiers rangs ainsi qu’au reste du groupe parce que c’était l’anniversaire de sa bassiste, Mandy Clarke. Alors c’est donc ça le paradis ? Aller à un concert dans un pays étranger, particulièrement à Londres, est une expérience que je ne suis pas prête d’oublier tant le contexte était parfait. Je souhaite la même chose à n’importe quel·le fan de qui que ce soit.

KT Tunstall , Roundhouse de Londres, 25 mars 2019. Photo personnelle.

3 Comments

  1. Si tu as passé un bon moment c'est tant mieux ! Le concert en lui-même a donc effacé l'ennuyeuse première partie et les gérémiades sur des amours perdues ? 😛
    Moi, les concerts, c'est pas trop mon truc, ça m'intéresse pas plus que ça. Faut dire aussi que je ne suis pas très musique. J'en écoute par périodes où je vais balancer tel ou tel artiste, pour sa voix souvent plus que pour les paroles, par vagues de besoins. Mais il y a aussi d'immenses périodes où je n'en n'écoute pas, ou peu… donc les concerts, pas mon truc à moi ^^'

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