Écoutes du moment : nouvelles explorations des 70’s

Je trouve de plus en plus difficile de parler de musique ici, sur ce blog qui n’a pas de vocation bien marquée (*), quand il est plus légitime de voir le sujet traité sur un webzine spécialisé et plus pratique de faire un post sur Instagram. D’ailleurs, à propos d’Instagram, c’est encore mieux de partager quelque chose quand on peut intégrer un lien en swipe up dans une story mais pour accéder à cet outil, il faut dépasser les 10K abonné·e·s. Je n’ai toujours pas compris en quel honneur. Les influenceur·se·s ne sont pas les seul·e·s à avoir des choses à montrer et aujourd’hui il est difficile de percer. Je reste positive, si je pouvais faire ça avec mon compte, peut-être que ce blog serait définitivement abandonné.

Bon, encore une fois, il s’agirait d’arrêter de se prendre la tête. Mais vraiment. On dit que les blogs sont morts et on a la flemme de cliquer pour lire ce que d’autres ont à dire, ce n’est pas grave. Restons entre nous, comme au tout début. Le blog personnel et indépendant redevient un média alternatif.

Alors je voulais parler de musique, et autrement qu’en 280 caractères ou dans un interminable thread (ici je vise Twitter et l’existence des threads montre bien que la rédaction d’un blog n’est pas inutile).

Alors j’explore

Je ne sais pas si on se lassera un jour de l’omniprésence des années 1970 dans nos vies. Culturellement s’entend. Je ne les ai jamais connues (je suis née en 1986) mais c’est une décennie que je fantasme totalement. C’est la période musicale que je préfère parce qu’elle a accouché de toutes les inventions, c’était fastueux. Je n’écrirai pas que c’était mieux avant parce que même si c’est vrai (je troll), on s’en fout, ce n’est pas le sujet.

Galvanisme

Ces dernières semaines, j’ai découvert un groupe qui me fait beaucoup d’effet : Starbenders, mené par deux femmes, Kimi Shelter au chant/guitare et Emily Moon à la batterie, et deux hommes, Aaron Lecesne à la basse et le guitariste Kriss Tokaji. C’est un groupe de glam rock (Kimi Shelter dit Glam Noir) qui emprunte quand même deux ou trois trucs ailleurs : une influence punk du début des années 2000, des paillettes de synthwave par instants, un soupçon de visual kei et un peu de hard FM sans lequel ça serait dommage. La pochette de leur dernier album, Love Potions (2020), laisse imaginer un bon rock psychédélique des familles, comme ça toutes les cases sont cochées. C’est la force de la musique d’aujourd’hui, si tout a été inventé il ne reste plus qu’à tout mélanger et révéler les meilleures essences.

J’aime particulièrement le mouvement de tête de Kimi Shelter.

Envoûtement

Dans un autre style, St. Vincent a fait une sortie remarquée le 4 mars dernier avec Pay Your Way In Pain, le premier titre de son nouvel album Daddy’s Home (qui arrive le 14 mai). Elle avait teasé, on a bien compris qu’elle se plongerait allègrement dans un bain seventies. C’est au-delà de ce que j’imaginais. Parce qu’Annie Clark (de son nom de naissance) a sorti l’attirail complet et plus encore. L’esthétique est jusquauboutiste – il suffit de regarder le clip –, et l’attitude est empruntée aux grandes heures de David Bowie, période Young Americans et je pense indubitablement à Fame, et de Prince. A-t-on déjà vu, dans les années 1970 j’entends, une femme avec une telle posture ? À part Cher je veux dire. La performance de St. Vincent me traverse avec tout son charisme et toute sa sensualité, elle est en train de m’expliquer avec des mots simples qu’il vaut mieux éviter de marcher sur ses platebandes, ambiance Martin Scorsese, vous voyez ?

Réconfort

Et puis comme un bonheur n’arrive jamais seul (j’aurais pu utiliser une autre expression vu que j’en ai déjà évoqué deux mais soit), c’est le retour de Rover. Son dernier album, Let It Glow, remonte à 2015 et je commençais à ressentir le manque. Le 16 mars est sorti To This Tree, premier extrait d’Eiskeller, nouveau disque prévu pour le 7 mai et disponible à la précommande (je l’ai précommandé en vinyle blanc, bien entendu). Eiskeller est un mot allemand qui se traduit par cave à glace (je cite). Rover a enregistré, tout seul, dans une ancienne glacière de Bruxelles. J’attends la suite mais, si je peux me permettre, Rover is rovering et ça me fait du bien. J’aime toujours autant le style, les influences et la mélancolie très apaisante. C’est un type que je rêverais d’interviewer, j’ai envie de l’écouter parler de musique et d’enregistrement analogique pendant des heures.

Dolce

J’ajoute un bonus qui n’a rien à voir avec cette sélection musicale puisqu’il s’agit de musique classique. Pour les besoins de mon émission de radio, j’ai cherché des compositrices du temps jadis parce que je n’en connais aucune (étonnant ! Non, bien sûr). Je suis tombée sur cette vidéo d’Isata Kanneh-Mason, pianiste britannique de 25 ans qui a remporté le prix Leonard Bernstein 2021 et a sorti l’année dernière un album consacré à la compositrice Clara Schumann. Du coup je me suis mise à pleurer, liquide. La dernière fois qu’un truc pareil m’est arrivé, c’était en 2016 devant des Tournesols de Van Gogh au musée qui lui est consacré à Amsterdam. Le pire, c’est que je ne me souviens même plus de quel tableau de la série il s’agissait. Et comme je suis incapable de vous expliquer un tel comportement, le partage reste la meilleure option.

(*) si ce n’est celle d’assouvir un quelconque besoin d’expression plus ou moins narcissique, et vu mon rythme de publication, on pourra comparer la taille de mon égo à celui d’une noisette.

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