« Déjà les étourneaux volent là-haut, merveilleux nuage d’oiseaux »

Ici, le centre-ville forme un pentagone. Chaque côté est un boulevard bordé de tilleuls et de platanes. Les étourneaux ont leurs préférés, à l’opposé de mes fenêtres. Ces oiseaux se déplacent en bande organisée et piaillent comme des étudiant·e·s bourré·e·s à la nuit tombée. Tous les ans, en novembre, et plusieurs soirs de suite, ils sont effarouchés. Un canon retentit et un type fait le tour des boulevards à pied avec, à la main, un bazar qui claque et clignote. Ce soir, les étourneaux étaient devant chez moi. Je les ai entendus arriver, vous imaginez bien. Je les ai observés depuis ma salle de bain, c’est là que j’ai vu le gars. Je me suis demandé ce qu’il pensait de son activité. Est-ce qu’il a pris plaisir à sa promenade nocturne ? N’en a-t-il pas marre de voir ces passereaux sauter d’arbre en arbre en le narguant ? C’est son métier, ça, effaroucheur d’étourneaux ? C’est bien payé ? Non parce que ça m’intéresse. Je veux bien, moi aussi, jouer des maracas qui produisent des éclairs et marcher au milieu de la route pour devenir la reine des étourneaux. Je fantasme sur l’idée que le type les dresse pour leur demander de chier sur la bagnole d’un collègue qu’il déteste ou de poursuivre quelque dessein ronflant.

Le titre de ce billet est une citation de cette chanson très cool des Rita Mitsouko.

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