Chronique couche-tard #2

Je reste une vilaine idéaliste même si j’aimerais ne jamais être née de la dernière pluie. Je fais de mon mieux pour être la plus authentique possible dans mon métier mais j’ai la sale impression qu’on m’en empêche. Mon dernier client était obsédé par le SEO, il ne se rendait pas compte que la qualité d’un texte a aussi son importance dans son référencement. Je refuse d’alourdir une rédaction de mots-clés répétés indéfiniment si ça en corrompt le sens. J’ai développé une déformation professionnelle, celle de repérer les textes les plus abusifs, ils prennent les lecteur·ice·s pour des imbéciles. J’ai beau n’avoir aucun esprit commercial, il me semble que ce n’est pas de cette façon que l’on vend un produit.

Je suis rédactrice web parce que j’aime écrire, et pas seulement sur mon blog à raconter tout et n’importe quoi. J’aime aussi parfois écrire sous la contrainte. Tout au long de ma scolarité, mes profs m’ont reproché mon manque de rigueur, à raison. J’ai toujours eu des difficultés à rester concentrée et il me fallait vite en finir. Ne pas lire les consignes en entier ? Les comprendre de travers ? Ma malédiction. Je l’ai combattue cependant. Par contrainte, j’entends sujet. J’attendais toujours avec excitation les sujets de dissertation en philosophie, français ou histoire-géo, la déception arrivait seulement quand je n’étais pas inspirée et quand je n’avais pas suffisamment révisé pour étaler mes connaissances (autre malédiction : la flemme de faire mes devoirs). Je n’ai quasiment jamais été bien notée mais ça ne m’a pas empêchée d’aimer ça. Je n’ai aucune explication.

La rédaction web, c’est un peu la même chose. J’attends les commandes avec impatience et j’essaie de traiter ce qui m’intéresse le plus. J’ai toujours autant de mal à rester concentrée mais je prends du plaisir à construire.

Toutefois il est hors de question que je sois maltraitée et il existe bien des manières de l’être dans le monde du travail. Ce n’est pas au client de m’apprendre mon métier et je n’écrirai pas n’importe quoi, n’importe comment. J’ai une réputation à tisser.

En-tête : La Pointe du Payré, Jard-sur-Mer (Vendée). Je pourrais ne poster que des photos de l’océan, vous savez.

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