Mes vinyles,  Musique

3 grands albums à écouter

Je lis çà et là ce que des confiné·e·s veulent bien partager avec les autres confiné·e·s que nous sommes, pourvu que ce soit culturel. J’ai notamment vu beaucoup de playlists. Mais enfin j’ai beau être passionnée de musique, je suis plutôt molle du clic ces temps-ci, d’autant plus si on me donne une liste de trucs à écouter sans me dire pourquoi c’est bien. J’ai toujours été un peu flemmarde alors imaginez bien que ça s’est empiré depuis le 17 mars. D’ailleurs, heureusement qu’Animal Crossing existe, ça m’a évité de faire les cent pas dans la maison entre deux crises d’hypersomnie. Sale période. J’ai cependant réussi à peu près à sortir de ma torpeur il y a quelques jours, j’ai écouté plein de choses et j’ai même fini un livre que j’avais commencé au mois d’octobre (sans commentaire). Je vais donc me la jouer old school et plutôt que de vous composer une playlist sans trop de saveur, je vous propose des albums à écouter en entier.

Fiona Apple, Fetch the Bolt Cutters

Évidemment. Quoi d’autre ?
Je sais, c’est un peu facile, on ne parle que d’elle depuis quelques jours. Toutefois il faut que vous sachiez que Fiona Apple était l’une de mes chanteuses préférées quand j’étais pré-ado. Je la trouvais terriblement belle et je voulais lui ressembler. Elle avait fait sensation en 1996 en sortant son premier album Tidal, elle n’avait que 19 ans. Et puis entre Tidal et Fetch the Bolt Cutters, il n’y a eu « que » trois disques, et le dernier est sorti en 2012.

« Fetch the bolt cutters », ça veut dire « Allez me chercher la pince monseigneur » et ça ne vient pas de nulle part. C’est une phrase que prononce Stella Gibson, l’enquêtrice jouée par (la géniale) Gillian Anderson dans la (géniale) série The Fall, alors qu’elle s’apprête à libérer une femme victime de viol séquestrée. Fiona Apple s’en est donc inspirée et c’est tout un album post ère #MeToo qui a vu le jour. On a toujours besoin d’un disque de Fiona Apple et celui-ci était attendu comme le Messie. Je suis extrêmement heureuse de retrouver son piano enragé et ses textes engagés.

Les titres que je préfère : Under the Table, Ladies, Cosmonauts et For Her.
Sortie : le 17 avril 2020 en streaming et le 17 juillet 2020 sortira une édition double vinyle.

Lykantropi, Lykantropi

Lykantropi est, comme son nom ne l’indique pas trop, un groupe de rock psyché (garanti avec flûte traversière) tout à fait actuel mais inspiré de ce qui se faisait de meilleur en la matière il y a quelques décennies. Les six membres (deux femmes et quatre hommes) se partagent le chant et sont originaires de la ville de Karlstad, dans le compté de Värmland, en Suède.

Je les ai découverts sur Instagram parce que je suis Roya Sarvestani et qu’elle est apparue dans l’un de leur clip. Elle est accessoirement en couple avec l’un des musiciens du groupe tout aussi suédois de blues rock Blues Pills. Je les imagine tou·te·s potes à idolâtrer les années 1970 et je trouve ça beau.

Bref, j’ai pré-commandé le vinyle de cet album à l’automne et l’ai reçu en février. Il était en édition limitée et c’est en réalité leur premier disque, paru initialement en 2017. Depuis, ils ont publié Spirituosa (2019, je ne le possède pas encore) et un nouveau single, Summernights, est paru en avril.

Le titre que je préfère : Julie (Old Death Whisper).
Suivez-les sur Bandcamp.

Christophe, Les mots bleus

C’est insensé comme la disparition d’un artiste peut nous faire nous replonger profondément dans sa discographie, quitte à ce que ça vire à l’obsession. Peut-être que je me trompe mais j’ai l’impression que la musique de Christophe est restée assez confidentielle. Bien sûr que tout le monde connaît Aline et Les Mots bleus mais saviez-vous que Christophe avait exploré divers styles musicaux ? Vous aurez lu dans tous les merveilleux hommages qui lui ont été consacrés qu’il était un amoureux du son, c’était un musicien, un acousticien.

Et donc Les Mots bleus est un titre qui figure sur l’album du même nom, paru en 1974, qui est un merveilleux disque glam rock. C’est un style qui est né en Angleterre et a fait les belles heures des années 1970 grâce à David Bowie, T. Rex et Roxy Music (entre autres), et puis ça a fait des petits aux États-Unis avec Joan Jett et Lou Reed, par exemple. Il n’était pas évident que ça pollinise en France et pourtant, Christophe a réussi (bon, il n’est pas le seul). Composé par Christophe et écrit par Jean-Michel Jarre, Les mots bleus est un concept album qui s’ouvre sur Le Dernier des Bevilacqua, un titre de 9 minutes qui reprend des gimmicks qu’on entendra plus tard. On retrouve ensuite la culte Señorita, Les Mots bleus, je ne vous apprends rien, l’incroyable La Mélodie, et puis tout le reste. Seulement 8 titres et 34 minutes au total, c’est un album qui se déguste. La même année, Queen sortait Sheer Heart Attack et David Bowie Diamond Dogs. Les Mots bleus de Christophe ne fait absolument pas pâle figure en comparaison. Si toute sa discographie est exceptionnelle, cet album-là est parfait.

Les titres que je préfère : Le Dernier des Bevilacqua, Les Mots bleus et La Mélodie.

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